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La musique au fil des ans : Les fanfares et les gardes paroissiales

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La Garde paroissiale de Dolbeau lors d’un défilé, année inconnue. Source : Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine, P08 Fonds Laurent Tremblay (P08/E1/1.3,176)

 

Mis à part les institutions, vues dans l’article précédent, il y a aussi des ensembles qui ont formé bien des musiciens : les fanfares. Autrefois, paradant fièrement dans les rues, ces troupes se réunissaient régulièrement pour des compétitions et des événements de la région. Malheureusement, ces associations ne sont plus, mais les photos témoignent bien de leur prospérité d’autrefois.

Fanfares

Qui dit cadet, dit musique. En effet, tout bon cadet doit apprendre un instrument s’il veut faire partie de la bande. Pour la ville de Dolbeau-Mistassini, c’est le corps de cadets « Les Éclaireurs » qui a pris possession de cet art, en 1959. Les enfants de 8 à 12 ans, d’uniformes vêtus, sont dirigés par les Frères de l’Instruction chrétienne. Dix ans plus tard, ils seront renommés « Les Chapdelaines ». Ces derniers participeront à des compétitions un peu partout dans la province et feront des numéros variés à l’occasion des festivals du coin. Vers les années 90, cet ensemble prendra plutôt le nom de « L’impact de Dolbeau ».

Puis, il y a aussi la Fanfare de Dolbeau. Fondée et dirigée en 1935 par M. René Savary, elle comptait alors, parmi ses effectifs, messieurs Gonzague Menier, Georges Ouellet, Jos. Lebrun, C.E. Menier, C.A. Veilleux, Benoît Dessureault et bien d’autres ! La guerre de 39-45 ayant fait des ravages dans les rangs, les musiciens ont dû penser à une solution pour redonner vie à leur fanfare. C’est pourquoi ils décident de resserrer leurs rangs à l’aide des élèves de l’école Saint-Tharcisius. Avec des auditions et des cours de solfèges, ils ont pu déterminer quels étudiants choisir pour un tel engagement. Petit à petit, l’ensemble gagne à nouveau des forces et fait même partie de l’association des fanfares du Saguenay. Invités au festival annuel de l’association des fanfares de la Mauricie, les jeunes font beaucoup de beaux voyages. Jonquière, Chicoutimi, Baie-Saint-Paul et Shawinigan étaient au programme.

Gardes Paroissiales

La Garde paroissiale est une école de formation qui a pour but de « développer ses membres au niveau religieux, social et militaire ». L’objectif premier de ce regroupement est de servir leur église, d’où la devise « Servir » du mouvement. Ses membres s’impliquaient bénévolement dans de nombreux contextes, notamment lors des services funèbres.

C’est d’ailleurs dans ces circonstances qu’a été créée la Garde Saint-Cyrille de Normandin, en 1954. M. Donatien Deschesne, ayant assisté à un service de l’église de Girardville, a été, à l’époque, particulièrement impressionné par le dévouement de la Garde paroissiale durant la cérémonie, ce qui lui donna l’idée d’instaurer un mouvement dans sa propre paroisse. Sa devise, « croire et servir ».

La Garde Notre-Dame-de-Lourdes existait depuis 1953. L’année suivante, elle faisait l’achat de son drapeau, d’une somme de 105 dollars. En 1962, la municipalité lui accordait le droit de parader dans les rues le dimanche. De plus, ses membres s’occupaient de plusieurs tâches : gérer le stationnement pour la grande messe, lors du jour du Seigneur, ou encore, offrir des banquets dans leur salle, à certaines occasions, par exemple.

Parfois, la Garde paroissiale forme aussi une fanfare où chacun joue d’un instrument. Les membres défilent vêtus de leur costume aux allures militaires, jouant de la musique ou déployant des drapeaux.

Dans le même esprit que M. Deschenes de Normandin, c’est lors d’un séjour à Jonquière en avril 1940 que M. Jos.-Georges Boivin a eu l’occasion de voir la garde paroissiale Saint-Dominique de Jonquière à l’œuvre. Il conçoit alors l’idée de fonder une garde à Dolbeau cette année-là. Depuis, les membres de la Garde Sainte-Thérèse se faisaient un devoir de participer aux cérémonies religieuses, patriotiques et civiles de leur municipalité.

Une autre Garde paroissiale importante du secteur était celle de Saint-Michel de Mistassini. Les membres de la ligue du Sacré-Cœur ne pouvant être présents à tous les services religieux, le Chanoine Egilde Boivin entretenait l’idée de fonder une garde à Mistassini depuis la fin de la guerre. Il parvient à réunir 12 paroissiens lors d’une première réunion en mars 1945. Fondée en juin 1946, l’association obtient ses lettres patentes seulement en octobre 1973. Sa devise est « Servir ».

Un territoire riche en associations

Bien sûr, plusieurs municipalités possédaient leur fanfare ou leur garde paroissiale. Aussi y avait-il la fanfare du Collège Saint-Joseph, les Gardes de Roberval, de Saint-Prime, de Saint-Félicien, de Notre-Dame-de-la-Doré, etc. Ces ensembles, disparus aujourd’hui, ont su donner vie et couleurs aux villes et villages de la région pendant plusieurs années !

Par Clara Boutin, employée à la Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine pour l’été 2018
Révision par Frédérique Fradet, archiviste-rédactrice


Sources : 

SHGMC, P58 Fonds Frère Jacques Guay
SHGMC, P60 Fonds Corps de tambours et clairons « Chapdelaine »
SHGMC, P114 Fonds Journal L’Étincelle
SHGMC, P150 Fonds Gardes paroissiales de Dolbeau
SHGMC, P207 Fonds Gardes paroissiales Saint-Michel de Mistassini
SHGMC, P291 Fonds Les Éclaireurs, cadets de Dolbeau
Normandin se raconte…, Ville de Normandin, 2006, 481 p.
Cinquantième anniversaire de Girardville, Ville de Girardville, 1982, 97 p.
Le patrimoine immatériel religieux du Québec. « Présentation de la communauté : La Garde paroissiale », Le patrimoine immatériel religieux du Québec, Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique, Université Laval, 2010 [en ligne].
Historique Garde St-Cyrille de Normandin, Normandin, 1984 (SHGMC, P107 Fonds Garde paroissiale St-Cyrille de Normandin). 


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Publié le septembre 14, 2018