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Préservation et conservation des archives

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Un volet important de notre profession est la préservation des archives. Cette dernière se définit comme l’ensemble des activités mises en place afin de maintenir la durabilité de l’information. Pour parvenir à cet objectif, l’archiviste fait face à un ennemi inévitable : le temps. En effet, la dégradation et le vieillissement des matériaux sont des phénomènes naturels et inéluctables.1

Il est toutefois possible de ralentir ces processus, en mettant en place des opérations techniques pour maintenir les documents dans le temps et assurer leur pérennité. Le présent article ne rentrera pas dans les détails et nous passerons outre les mesures de lux, de rayonnement UV et de pH. Nous allons plutôt présenter des exemples de petits gestes simples que nous faisons à la réception de nouveaux fonds d’archives et que chacun peut appliquer à la maison sur ses propres souvenirs.

La lumière
La lumière, artificielle ou naturelle, a pour effet d’accélérer la détérioration des papiers et des photos, et ce de manière irréversible. On parle ici de décoloration ou de jaunissement. C’est l’acidité présente dans les papiers anciens qui cause le jaunissement. On conseille donc de ranger les documents dans des chemises et des boîtes, idéalement en papier ou en carton non acide.

On voit bien la partie du papier qui a été davantage exposée à la lumière.
Source du document : SHG Maria-Chapdelaine, P01 Fonds Domtar

L’eau et l’humidité
On veut à tout prix éviter un dégât d’eau sur nos photos ou documents. L’eau va mélanger les couleurs, effacer les encres et peut même engendrer de la moisissure. Sans même avoir un dégât d’eau, un taux d’humidité trop élevé va rendre les documents acides instables et peut aussi causer de la moisissure. Dans l’idéal, on cherche un taux d’humidité relative de moins de 65 % et on va stocker les documents loin des murs extérieurs.

Une photo décolorée par l’eau et un cerne sur un document causé par l’eau
Source des documents : SHG Maria-Chapdelaine, P379 Fonds Gaétan Boivin

Gestes à éviter
Voici quelques exemples en photos qui pourraient vous aider à mieux préserver vos photos et documents.

L’utilisation de trombones, broches et autres attaches de métal peut causer des taches de rouille sur les documents.
Source du document : SHG Maria-Chapdelaine, P01 Fonds Domtar

La colle, sur un ruban adhésif ou en bâton, est acide et jaunit avec le temps, ce qui laisse d’importantes traces. Elle finit par sécher et les photos ou documents qui étaient collés tombent.
Source des documents : SHG Maria-Chapdelaine, P379 Fonds Gaétan Boivin

Quand on manipule des photos, il est important de bien se laver et s’assécher les mains. On les tient par les coins et côtés, en évitant de mettre les doigts au centre, pour ne pas y laisser son empreinte digitale. Plusieurs empreintes (en blanc) sont visibles sur cette photo.
Source de la photo : SHG Maria-Chapdelaine, P326 Fonds Jean-Charles Savard et Gemma Fortin

Finalement, essayez autant que possible de conserver de l’information sur vos photographies (personnes présentes, lieux, date). Si vos photos sont dans un album, inscrivez ces informations sur un papier sous les photos. Si vous souhaitez l’inscrire directement sur la photo, choisissez un crayon à mine de plomb.

Notre travail
Lorsque nous effectuons le prétraitement d’un fonds d’archives nouvellement acquis, nous transférons tous les documents dans des sacs et chemises, en prenant bien soin d’enlever tous les éléments (trombones, ruban adhésif, etc.) qui pourraient causer de la détérioration. Nous identifions les détériorations déjà présentes afin d’éviter qu’elles ne s’étendent. Puis, le fonds est stocké dans notre voûte, où l’air et la circulation sont assidûment contrôlés afin d’en assurer la pérennité !

 

Les normes recommandées de conditions ambiantes pour le papier et les photographies2

 


  1. Anne Klein, cours « Conservation des archives », certificat en archivistique, Université Laval.
  2. Carol Couture. Les fonctions de l’archivistique contemporaine, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2010, pages 449-450.
Publié le décembre 4, 2019