Comprendre les anciens formats audiovisuels… et comment nous les sauvegardons : l’audio

Avant l’ère des fichiers numériques et des plateformes en ligne, les souvenirs sonores étaient enregistrés sur des supports physiques. Voix d’un proche, entrevue, conférence, musique locale : chaque enregistrement reposait sur une technologie bien précise, aujourd’hui souvent obsolète.
Aujourd’hui, ces supports sont devenus fragiles ou obsolètes. Pour bien comprendre l’importance de la numérisation, il faut d’abord comprendre comment ils fonctionnent.
Les formats audios : quand la voix devient trace sonore
Les premiers enregistrements modernes se faisaient sur bandes magnétiques ouvertes, largement utilisées dès les années 1940 et 1950 dans les stations de radio, les studios et certaines institutions. Montées sur bobines, ces bandes permettaient une excellente qualité sonore et ont servi à conserver des émissions, des discours et des enregistrements musicaux.
En 1963, l’apparition de la cassette audio compacte, lancée par Philips, transforme l’enregistrement sonore. Plus petite, plus pratique et facile à manipuler, elle devient populaire dans les années 1970 à 1990. On l’utilise autant pour enregistrer de la musique que pour conserver des messages vocaux, documenter des réunions ou réaliser des entrevues.

Dans le même esprit, la minicassette est introduite pour les appareils portatifs comme les dictaphones. Très répandue dans les milieux journalistiques, administratifs et juridiques, elle contient souvent des témoignages, des procès-verbaux ou des notes de terrain.
À la fin des années 1980 apparaît la cassette DAT (Digital Audio Tape). Bien qu’elle repose toujours sur une bande magnétique, l’enregistrement est cette fois numérique. Très utilisée en studio et en production professionnelle dans les années 1990, la DAT offre une qualité sonore élevée.

Parallèlement aux supports magnétiques, le disque vinyle occupe une place importante dans l’histoire du son enregistré. Popularisé à grande échelle dès les années 1940 avec le microsillon 33 tours, le vinyle demeure associé autant à la musique qu’aux archives sonores institutionnelles.

Comment le son est-il enregistré ?
Sur les bandes magnétiques, qu’il s’agisse de bobines ouvertes, de cassettes audios ou de DAT, le son est enregistré grâce à des particules magnétiques déposées sur la surface de la bande. Lors de l’enregistrement, un signal électrique correspondant aux variations du son modifie l’orientation de ces particules. À la lecture, ces variations sont reconverties en signal audio.
Pour les formats analogiques comme la cassette audio, le signal est continu. Pour la DAT, l’enregistrement est numérique : le son est converti en données binaires avant d’être inscrit sur la bande.
Le vinyle, pour sa part, repose sur un principe entièrement mécanique. Le son est gravé sous forme de microsillons dans la surface du disque. Une aiguille suit ces sillons et transforme leurs vibrations en signal électrique, qui est ensuite amplifié.
Les défis aujourd’hui
Les supports audios présentent plusieurs risques liés au temps :
- Dégradation du liant magnétique;
- Bande qui colle ou se fragilise;
- Perte de qualité sonore;
- Moisissure.
Pour les cassettes DAT, la rareté des lecteurs constitue aujourd’hui un enjeu majeur.
Pour les bandes ouvertes, l’entretien des appareils exige une expertise spécifique.
Même les vinyles, pourtant robustes, peuvent subir une usure irréversible.
Comment les numérisons-nous ?
La numérisation audio consiste à lire le signal original avec un équipement entretenu et calibré, puis à le convertir vers un format numérique stable.
Avant la lecture, le support est inspecté afin d’évaluer son état. Dans certains cas, des interventions légères peuvent être nécessaires, comme :
- Le remplacement d’un boîtier;
- Le nettoyage d’un mécanisme;
- La stabilisation d’une bande fragile.
L’objectif est de préserver la fidélité du son original tout en assurant sa pérennité.

Pourquoi cette expertise est importante
Numériser un document audio ancien n’est pas simplement brancher un appareil et appuyer sur « lecture ».
Chaque format a ses particularités techniques, ses fragilités et chaque intervention comporte un risque si elle est mal effectuée.
À la Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine, notre approche s’inspire des pratiques archivistiques professionnelles. Nous traitons chaque document comme un témoin unique de la mémoire familiale et collective.
Par Marie-Chantale Savard, archiviste Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine
et responsable du service de numérisation audiovisuelle
À voir aussi :
- La pellicule (ou bobine de film);
- Les bandes magnétiques (VHS, MiniDV…);
- Le service de numérisation.
Vous avez des questions ou souhaitez obtenir une estimation de prix ? Contactez-nous au [email protected] 📨ou au 418-276-4989 poste 2620. ☎️
©️Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine, partagez cet article en utilisant notre lien ou contactez-nous pour faire l’utilisation de photographies d’archives.

