Chaque été depuis 1961, le Festival du Bleuet célèbre le petit fruit sauvage qui fait la fierté de Dolbeau-Mistassini : le bleuet ! Historiquement, concerts, concours et mascottes font vibrer la ville et la région pour 3 à 5 jours, beau temps comme mauvais temps, sous le thème rassembleur du bleuet. C’est une véritable tradition que l’on attend chaque été.
Derrière les scènes et les kiosques se cache une histoire riche en anecdotes, en relances, et surtout reflète une passion véritable pour la culture, les rassemblements et le plaisir de faire vivre un événement unique.
À l’occasion de la 63e édition du festival, la Société d’histoire est fière de s’associer à l’événement et de faire rayonner les archives à travers une vidéo souvenir qui sera présentée sur les écrans géants du site, ainsi qu’une série de publications illustrées sur nos réseaux sociaux.
C’est avec un plaisir évident que nos archivistes ont fouillé dans les archives pour en extraire quelques faits saillants !

1961 : un départ sous la pluie… et la neige!
C’est du 10 au 13 août 1961 que se tient la toute première édition du Festival du Bleuet. L’organisateur François Fortin mise alors sur la vente d’ours et d’animaux en peluche dans les kiosques pour financer le projet, mais le résultat n’est pas celui espéré, en raison de la mauvaise température !
Dame nature n’est pas clémente : il pleut presque sans interruption pendant trois jours. Seul le dimanche après-midi connaît des éclaircies. Malgré tout, la parade a lieu, dans un vent glacial, même avec quelques brins de neige! Le public, emmitouflé mais enthousiaste, est au rendez-vous.
L’ambiance est bien lancée. C’est le début d’une tradition festive qui voit le jour à Mistassini.
Des chansons-thème iconiques
Lors de la parade de l’édition de lancement, en 1961, un chant improvisé, entonné sur l’air de Il était un petit navire, se répand dans les rues et sur les chars allégoriques. Ce n’est qu’en 1963 que le festival adopte officiellement sa première chanson-thème : L’Hymne du Bleuet, suivie de Maître Bleuet en 1966, puis du succès Bleu, bleu, bleu, le Lac-Saint-Jean est amoureux en 1989. De nos jours, Le Blues de l’abondance, interprétée par Mario Pelchat, est jouée. L’année exacte de l’enregistrement de cette chanson est pour le moment inconnue, mais nous savons qu’il s’agit de la chanson-thème de la 50e édition, en 2010.
Le tout premier passeport
En 1977, le public découvre ce qu’on pourrait appeler le premier ancêtre du passeport festivalier pour le Festival du Bleuet, un macaron passe-partout, qui donne accès à toutes les activités. Une idée simple, mais efficace.
La mascotte Maître Bleuet : un emblème

Dès les premières années du festival, une mascotte vient animer la foule. L’histoire est incertaine quant à sa première apparition, mais en 1966, avec une chanson-thème qui porte son nom, sa présence ne fait plus de doute. Si son tout premier costume peut aujourd’hui sembler de goût discutable – surtout pour un public d’enfants –, le second, conçu autour de 1971, propulse Maître Bleuet au rang de véritable vedette du festival. Il apparaît dans la parade, anime les enfants, salue les artistes et participe même aux concours. En 1974, un nouveau costume fait son entrée : celui-ci sera utilisé jusqu’en 1990. Ce n’est toutefois pas encore la version que l’on connaît aujourd’hui, plus récente et renouvelée.
*Notez que les années sur les images sont approximatives. Toute aide pour la reconstitution des années d’utilisation de chaque mascotte est la bienvenue !
L’école Saint-Michel, un site qui perdure
En 1967, les commissaires d’école autorisent l’utilisation de la cour arrière de l’école Saint-Michel de Mistassini pour les festivités. Il s’agit du même site central qu’on connaît aujourd’hui, situé derrière la Salle de spectacles.
1969, une année de transition
Le bénévolat devient une pierre angulaire du festival à partir de 1969, alors que les enjeux financiers se complexifient. C’est aussi cette année-là que le festival passe de 3 à 5 jours. La formule à 3 jours revient des années plus tard et est toujours en vigueur aujourd’hui. Le moment exact demeure à déterminer.
Tartes et loteries pour financer la fête
Après la vente de peluches infructueuse de 1961, on tente de trouver de nouveaux moyens de financement.
Les bleuets n’ont pas seulement nourri les festivaliers : ils ont aussi contribué à financer le festival. En 1975, 1000 tartes aux bleuets sont vendues pour soutenir l’événement.
En 1985, une initiative plus ambitieuse voit le jour : la vente de billets à 100 $ chacun pour une loterie offrant quatre prix, dont un impressionnant lot en argent de 25 000 $. Une stratégie gagnante !
Des visages marquants : Céline Dion et Carmen Campagne

Des vedettes, il y en a eu plusieurs au fil des éditions, mais on peut dire qu’en 1989, la jeune Céline Dion ayant monté sur la scène du Festival du Bleuet marque encore les générations. Son style flamboyant de l’époque et sa voix relancent l’enthousiasme populaire après quelques éditions plus difficiles financièrement.

En 1999, c’est la chanteuse jeunesse Carmen Campagne qui divertit les familles.
Édition 2025
En 2025, alors que le Festival du Bleuet célèbre sa 63e édition, la Société d’histoire de Maria-Chapdelaine est heureuse de s’associer à l’événement pour partager des parcelles d’histoire.
Un montage d’archives vidéo souvenir sera diffusé tout au long du festival sur les écrans géants du site. De plus, nos réseaux sociaux présenteront une série de photos d’archives, pour faire vivre l’histoire du festival à travers le regard des témoins d’hier.
Et vous, qu’est-ce qui vous a marqué ?
Est-ce que le Festival du Bleuet est un bon souvenir d’enfance pour vous ? Étiez-vous sur place lors du spectacle de Céline Dion ? Encore mieux, étiez-vous dans la foule, malgré la pluie de 1961, à la toute première édition ?
N’hésitez pas à commenter, identifier vos proches sur nos photos, ou à partager vos propres souvenirs.
Pour de nombreuses informations en lien avec la programmation annuelle de 1961 à 2017, consultez notre article de blogue « Le Festival du Bleuet, le plus vieux festival du Québec! ».
Par Frédérique Fradet, archiviste
Sources :
Festival du Bleuet. Cahier-souvenir 30e, Bien + que de la tarte, 1990.
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