Claire Chambers, étudiante détenant son certificat en archivistique, a passé un second été à la Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine pour poursuivre son travail dans les archives des Pères Trappistes entamé l’été dernier. Ce projet de traitement, bien que colossal, éveille certainement la curiosité d’une archiviste. Le fonds est empreint de l’histoire d’une communauté fondatrice qui fut le pilier même de Mistassini. Un été de plus à nos côtés a permis l’élaboration d’une structure de traitement par séries et dossiers de même qu’un classement établissant les fondements des archives des Trappistes. Structurée, organisée, Claire a su naviguer dans une masse de documents pour monter les bases d’un instrument de recherche en progression : un vrai travail de moine !

L’été dernier, je me suis jointe à l’équipe de la Société d’histoire et généalogie Maria-Chapdelaine pour faire le tri et le classement des documents iconographiques du fonds d’archives des Pères Trappistes. Cet été, c’était le tour des documents textuels. Le processus était semblable. Pour faire le classement, les archivistes doivent lire ce dont les documents comportent afin de pouvoir trier par sujet. Il faut faire attention de ne pas trop utiliser de notre temps dans la lecture et de cibler des mots-clés. Cependant, cela peut parfois être un peu difficile. Il arrive qu’ne lettre en écriture cursive peut être incompréhensible et la lire demande plus de temps. Mais parfois, on peut découvrir des histoires intéressantes.
À traiter avec minutie
Les Pères écrivent depuis leur arrivée en 1892, donc certains documents sont extrêmement anciens. Certaines feuilles de papier se cassaient dès que je les prenais dans mes mains. J’ai dû minutieusement les réparer avec du ruban adhésif fait spécialement pour la restauration des documents. Un ruban adhésif normal jaunit et se décolle avec le temps, laissant des traces permanentes sur le papier.
Concevoir l’instrument de recherche
Une des caractéristiques des organismes religieux est l’excellente conservation de leurs archives. Les Pères Trappistes en sont la preuve. Le 2/3 des boîtes étaient déjà triées par sujet principal et seulement quelques dossiers portaient le nom « divers ». Par contre, il faut tout de même prendre le temps de déterminer les séries, sous-séries, sous-sous-séries, et déployer l’instrument de recherche jusqu’aux dossiers, qu’on peut déterminer uniquement en visualisant l’ensemble des documents, par exemple :
- P110/A Documents textuels
- P110/A8 Activités commerciales
- P110/A8/4 Agriculture
- P110/A8/4.5 Élevage
- P110/A8/4.5.1 Bovins
- P110/A8/4.5.2 Chevaux
- P110/A8/4.5 Élevage
- P110/A8/4 Agriculture
- P110/A8 Activités commerciales
Il est d’ailleurs possible de consulter notre instrument de recherche du P110 Fonds Monastère des Pères Trappistes, qui est actuellement en production. Nous ferons une annonce lorsque la consultation du fonds sera disponible et l’outil complété !
Un aperçu de leurs activités
Les Pères étaient des hommes très occupés, autosuffisants et à la fibre entrepreneuriale. On peut le découvrir avec leurs activités comme la carrière des Calcites du Nord et les Jardins du Monastère. Ils sont aussi connus pour leur chocolaterie !
Les documents sur Les Calcites du Nord étaient ceux que je redoutais le plus. Répartis sur une demi-douzaine de boîtes, je les ai ouvertes et refermées quelques fois avant d’avoir le courage de m’y mettre, parce que la calcite, une carrière, des machines, je ne m’y connais pas. Lorsque j’ai eu le courage de m’y plonger, j’ai découvert des centaines de correspondances sur la machinerie. Comme pour leur pelle mécanique, dont ils n’auront jamais les bonnes pièces. Également, des boîtes remplies de commandes de calcites par une énorme clientèle et des réclamations d’employés à la Commission des accidents du travail.
Les Jardins du Monastère se situent dans le bâtiment que l’on nomme le deuxième monastère. Ce monastère a été habité de 1911 à 1980. Après le départ des Pères pour leur nouveau monastère (le plus récent), la MRC a retardé sa vente puisqu’elle espérait réutiliser le bâtiment pour des raisons patrimoniales. Pendant ce temps, celui-ci a accueilli plusieurs organismes : la MRC, le CLSC, et même notre Société d’histoire. Concernant le dernier occupant, malheureusement, le pire cauchemar des archivistes est arrivé : un dégât d’eau. La location fut alors brève pour la Société. Également, on peut lire diverses offres d’achat qui n’aboutiront jamais, dont l’une dont la péripétie s’est terminée en mise en demeure.
Lors de mon été 2025, j’ai supervisé mes collègues Jhon et Jane pour m’aider avec quelques tâches laborieuses, comme établir un ordre chronologique, enlever les objets métalliques (trombones, broches) afin de prévenir la rouille (ou davantage étant donné le caractère ancien des documents) et cataloguer les employés.
Quelques défis du traitement pour les archivistes



Description des photos d’archives
De plus, j’ai contribué au début de la description des documents iconographiques avec notre nouvelle addition à l’équipe, Alex. La description est un processus lent. Il faut déterminer les dates, les personnes ou les objets sur les photos. Alex, n’ayant aucune formation en archivistique, a dû apprendre comment écrire comme une archiviste : des mots-clés, des phrases simples et une structure répétitive. Il y aura encore beaucoup de travail de traitement et de description à la suite de mon départ.
Finalement, pour souligner mon départ, je veux remercier Frédérique, Jhon, Jane, Marie-Chantale, Dorothée, Alexandrine et Alex, qui ont tous contribué pour le Fonds Monastère des Pères Trappistes et toute l’équipe de la Société, qui m’ont permis de vivre un second été autour des archives.
Lisez ou relisez l’article du blogue témoignant du premier été de Claire à la Société d’histoire en 2024 !
Par Claire Chambers, étudiante à l’Université de Montréal
Nous remercions nos partenaires pour le projet de traitement du P110 Fonds Monastère des Pères Trappistes : Soutien au traitement des archives privées (Bibliothèque et Archives nationales du Québec), Jeunesse Canada au travail (Patrimoine canadien — Canadian Heritage) et Emploi d’été Canada (Emploi et Développement social Canada (EDSC) / Employment and Social Development Canada (ESDC)) qui nous ont permis d’engager les ressources nécessaires, comme Claire, pour la période estivale. Nos archivistes poursuivront ce minutieux travail de traitement afin de valoriser le large éventail de documents de nos fondateurs auprès du public.

